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Taxe d'achat à 8 % : ce que la réforme 2026 change pour l'étranger

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Taxe d'achat à 8 % : ce que la réforme 2026 change pour l'étranger

Pour un Juif de la diaspora qui prépare son achat en Israël — qu'il vive à New York, Paris, Londres, Berlin, Moscou ou Buenos Aires — la première ligne du budget n'est pas le prix de l'appartement. C'est la taxe d'achat. Et depuis l'entrée en vigueur de la Loi des Arrangements, mi-février 2026, les règles ont changé. Nouvelles tranches, réforme du registre foncier, écart fiscal spectaculaire entre celui qui a fait son alyah et celui qui achète en restant résident à l'étranger : voici ce qu'il faut comprendre, chiffres à l'appui, avant de signer.

La réforme de février 2026, en bref

La Loi des Arrangements 2026 a redessiné les tranches du Mas Rechisha (la taxe d'achat israélienne), recalibré les seuils d'exonération pour les primo-accédants et les nouveaux immigrants, et modernisé la procédure d'enregistrement au Tabou (le registre foncier). Les barèmes fixés s'appliquent sur une période pluriannuelle, ce qui donne enfin de la visibilité aux acheteurs étrangers qui planifient sur plusieurs mois.

Le principe de fond reste inchangé : un étranger peut acheter en Israël avec des droits de propriété quasi identiques à ceux d'un résident. La différence n'est pas juridique, elle est fiscale. Et elle est lourde.

8 % dès le premier shekel : le vrai coût pour un non-résident

Un acheteur non-résident — ou tout investisseur achetant un logement supplémentaire — est taxé à 8 % dès le premier shekel, jusqu'à 6 055 070 NIS (environ 1 985 000 USD), puis 10 % au-delà. Il n'y a pas de tranche à 0 %, pas d'abattement d'entrée.

Prenons un appartement à 3 000 000 NIS (environ 984 000 USD, sur la base de 1 USD = 3,05 NIS). La taxe d'achat pour un acheteur étranger s'élève à 8 % de la totalité, soit 240 000 NIS, soit près de 78 700 USD. Sur un bien à 2 000 000 NIS (656 000 USD), la facture est déjà de 160 000 NIS (52 500 USD). Cette somme s'ajoute au prix, à l'apport, aux honoraires d'avocat et de courtier. Beaucoup d'acheteurs de la diaspora la découvrent trop tard dans leur plan de financement.

Le statut d'oleh : l'écart fiscal qui change tout

C'est ici que la réforme prend tout son sens pour la diaspora. Le nouvel immigrant (oleh) bénéficie d'un régime radicalement plus favorable pour son unique résidence : 0 % jusqu'à 1 978 745 NIS, puis seulement 0,5 % jusqu'à 6 055 070 NIS. Ce taux s'applique une fois par foyer, pour un achat réalisé d'un an avant à sept ans après l'alyah.

Reprenons notre appartement à 3 000 000 NIS. Là où le non-résident paie 240 000 NIS, l'oleh ne paie que la fraction au-dessus du seuil exonéré à 0,5 %, soit environ 5 100 NIS (1 670 USD). L'écart dépasse 234 000 NIS — près de 77 000 USD — sur un seul et même bien. C'est souvent l'équivalent d'une année de revenus, ou d'une cuisine et d'une salle de bains entièrement rénovées.

Le message est le même pour un acheteur de Los Angeles, de Milan ou de Saint-Pétersbourg : le calendrier de l'alyah et celui de l'achat méritent d'être pensés ensemble. Pour certaines familles, décaler la signature de quelques mois pour la faire coïncider avec le statut d'oleh représente l'économie fiscale la plus importante de tout le projet.

Au-delà de la taxe d'achat : plus-value, aménagement et Tabou digitalisé

La taxe d'achat n'est pas le seul poste fiscal. Trois autres éléments méritent l'attention de l'acheteur étranger :

Le Mas Shevach (impôt sur la plus-value) : 25 % sur le gain réel, corrigé de l'inflation, au moment de la revente. Il concerne surtout l'investisseur qui achète pour revendre à moyen terme.

Le Hetel Hashbacha (taxe d'aménagement) : lorsqu'un comité local d'urbanisme approuve un changement qui augmente la valeur d'un bien — reclassement, droits à construire supplémentaires — la municipalité peut prélever jusqu'à 50 % de la valorisation. C'est un point crucial pour qui achète dans une zone concernée par un projet de rénovation urbaine.

La réforme du Tabou : depuis 2026, la majorité des transferts de propriété résidentiels standards passent par une soumission électronique via le portail du registre foncier. Résultat attendu : un traitement plus rapide des dossiers classiques, mais des étapes de conformité supplémentaires pour les opérations transfrontalières — c'est-à-dire, précisément, celles des acheteurs de la diaspora. Les frais d'enregistrement ont également été recalibrés, avec une légère hausse sur les biens haut de gamme.

Ce que la diaspora doit retenir avant de signer

Trois réflexes s'imposent. D'abord, intégrer la taxe d'achat dès la première simulation de budget, jamais après : sur un bien à 3 millions de shekels, elle représente 8 % du prix pour un non-résident. Ensuite, faire le point sur son statut : un projet d'alyah, même à moyen terme, peut transformer une facture de 240 000 NIS en quelques milliers de shekels. Enfin, déclarer dans les délais : la déclaration de taxe d'achat doit être déposée auprès de l'administration fiscale israélienne dans les 30 jours suivant la signature (le paiement, lui, est dû sous 60 jours), justificatifs à l'appui pour tout taux réduit.

Ces règles sont les mêmes pour tous, quelle que soit la nationalité. C'est ce qui rend le sujet universel : le clivage fiscal en Israël ne sépare pas les Français des Américains ou des Latinos, il sépare le résident et l'oleh de l'acheteur qui reste non-résident. Pour un panorama complet du parcours d'achat, de la recherche à la remise des clés, consultez notre guide ultime de l'immobilier en Israël.

Conclusion

La réforme 2026 n'a pas fermé la porte aux acheteurs étrangers : elle a simplement rendu le coût d'entrée plus lisible — et plus élevé pour qui achète sans statut de résident. Bien anticipée, la fiscalité israélienne se planifie ; mal anticipée, elle fait dérailler un budget. La bonne nouvelle, c'est que chaque situation a sa stratégie optimale, à condition de la construire avant de signer, pas après.

Vous préparez un achat en Israël depuis l'étranger ? Estimez votre taxe d'achat réelle et faites-vous accompagner par des professionnels locaux sur immobilier.co.il.

Taux de change indicatif : 1 USD = 3,05 NIS (juillet 2026). Les barèmes fiscaux et seuils sont susceptibles d'évoluer ; cet article a une visée informative et ne constitue pas un conseil fiscal ou juridique personnalisé.

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Rémy Allouche

Rémy Allouche

CEO, Immobilier.co.il Immobilier.co.il

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